CIRDEL

Acharnement contre un magistrat républicain du tribunal de Lyon

Albert LEVY de nouveau renvoyé devant le tribunal de grande instance de Paris

jeudi 30 mars 2006 par CIRDEL

Albert Lévy magistrat au tribunal de Lyon, membre du Syndicat de la Magistrature et de la Ligue des Droits de l’Homme, est renvoyé de nouveau devant la 17e chambre (chambre de la presse) du tribunal de grande instance de Paris à une date indéterminée à ce jour.

Albert LEVY est mis en examen pour violation du secret de l’instruction dans une affaire qui remonte à 1998. A l’époque, Albert Lévy était substitut à Toulon , chargé notamment du grand banditisme dans un ressort géographique, le Var, marqué par les liaisons entre la pègre et certains personnages politiques, et ce dans le contexte d’une municipalité tenue par le Front national ; cible régulière de l’extrême droite, Albert Lévy avait également fait l’objet de menaces de mort qui n’avaient eu aucune suite judiciaire ; il subissait enfin les attaques du préfet Jean Charles Marchiani qui avait relayé auprès des autorités judiciaires locales son désir de se débarrasser de ce magistrat devenu selon ses propres termes un "trouble à l’ordre public".

Depuis maintenant 8 ans, Albert LEVY fait l’objet de poursuites judiciaires pour avoir, selon l’accusation initiale, remis à un journaliste un procès verbal d’audition mettant en cause le F.N. dans la gestion des cantines scolaires de Toulon. Dans cette affaire Jean Marie Le Pen s’est constitué partie civile.

L’annulation, en 1999, par la cour d’appel de Paris, de la plus grande partie du dossier d’accusation et, par voie de conséquence, de la mise en examen d’Albert Lévy, a été suivie d’une nouvelle mise en examen par la juge d’instruction, parfaitement arbitraire puisque intervenant dans un dossier vide de toute substance. après cette ordonnance de renvoi en 2003 - sanctionnée par une annulation partielle par le tribunal correctionnel de Paris en mai 2004 que confirmera en partie la cour d’appel - une nouvelle ordonnance de renvoi vient d’être prise à l’encontre d’Albert LEVY le 20 mars dernier, sans aucun élément nouveau ni débat contradictoire permettant à Albert Lévy de faire valoir ses arguments !

Depuis 8 ans, un dossier vide avance, poussé par une étrange logique incitant les magistrats chargés de ce dossier à tenter de sauver des bribes d’accusation pour faire oublier sans doute les anomalies de cette procédure et l’acharnement d’une magistrate dont les méthodes avaient défrayé la chronique.

Soumis à une garde à vue précédé d’une interpellation et d’une perquisition à son domicile le dimanche 6 septembre 1998, Albert Lévy était examiné par un expert psychiatre insinuant que ce magistrat voyait des fascistes partout, concluant sa visite par un certificat décrivant un homme qui "se perçoit comme le défenseur des valeurs républicaines dans un environnement corrompu". S’appuyant sur cette savante expertise, la juge plaçait Albert Lévy sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre au tribunal et obligations de soins psychologiques ; Dans ce cadre, un nouvel expert osait interroger Albert Lévy sur "son seuil d’intolérance à l’antisémitisme".

Durant cette procédure interminable qui dépasse à présent les délais admis par la cour européenne des droits de l’homme et qui permet de maintenir un magistrat dans une situation professionnelle insoutenable, Albert Lévy a subi une série d’injures antisémites. Celles de l’avocat général à de la cour de cassation Terrail, qui parodiant les attaques de Jean Marie Le Pen contre Michel Durafour, allait écrire dans le bulletin de son association : "Tant va Lévy au four, qu’à la fin il se brûle", celles du journal Minute qui le présentera en costume de déporté en fustigeant le "juge rouge" !

Aujourd’hui, les tribunaux, qui se révèlent chaque jour plus incapables de juger les faits de corruption les plus graves, condamnent sans véritable garantie de procédure, les pauvres, les exclus, les marginaux, à de lourdes peines. C’est ce contre quoi s’élève inlassablement Albert Lévy !. C’est cette détermination qui lui vaut la haine de l’extrême droite et de certains acteurs de l’appareil judiciaire qui cherchent depuis huit ans à l’éliminer par tout moyen.

Dans les semaines à venir, comme il l’avait fait en 2004, le CIRDEL prendra une série d’initiatives pour dénoncer ce procès politique, instrumentalisé notamment par l’extrême droite contre un magistrat républicain.

Jacques Dumortier tel : 06 10 36 83 54 / télécopie 04 78 67 45 88 / e. mail : jacane-dumortier@tele2.fr

Buno Guichard tel : 06 80 01 38 73 / e. mail : guichardbruno@wanadoo.fr

Les organisations membres du CIRDEL :

Ligue des Droits de l’Homme, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature, MRAP, UD CFDT, FSU, G10 Solidaire, A Gauche Autrement, LCR, Les Alternatifs, MJS, PS, Ras le Front, UNEF, SOS Racisme, FCPE 69, ATTAC-Rhône, Témoins, CIRC Lyon, Cabiria, mouvement Le Nid, ARTAG.


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